2017 – De Juillet à Octobre …Année du centenaire!

 

 

 

1917-2017

 

 

Octobre

 

est  là!!

 

 

 

Et si le bolchévisme

était encore

une idée neuve ?

 

 

Célébrer Octobre, ce n’est pas célébrer n’importe quelle révolution…

C’est célébrer la première alternative au capitalisme enfin réalisée et construite durablement, sur une période et une étendue suffisamment vaste, à l’échelle d’un continent, et largement influente au delà, pour avoir marqué profondément l’histoire de l’humanité.

La question est donc de savoir si l’on veut se contenter de célébrer les « 10 jours qui ébranlèrent le monde », comme un événement folklorique sur lequel on peut broder n’importe quelle légende de circonstance, au gré des obsessions politiciennes intéressées des uns ou des autres, ou bien si l’on considère que cette voie ouverte vers le socialisme, durant plusieurs décennies, est une première tentative humaine d’envergure et qu’il y a des leçons positives à en tirer pour tenter et réussir une nouvelle…

La Révolution d’Octobre s’est réclamée du Marxisme, dans un premier temps, puis du Marxisme-Léninisme, par la suite, assez logiquement, compte tenu à la fois du rôle décisif de Lénine et de son œuvre dans cette période historique, et évidemment, de sa disparition prématurée.

Pourtant, dans cette commémoration, il ne s’agit pas de dépoussiérer les vieux livres, mais au contraire, de chercher à comprendre de quelle façon et dans quelles conditions concrètes les théories ont été mises à l’épreuve de la pratique.

C’est un regard critique sur l’histoire, simplement nécessaire pour déterminer quels sont nos critères d’évaluation.

Ce sont ces critères d’évaluation qui donneront le sens et la portée politique de notre célébration militante éventuelle.

Le fait que le marxisme et le marxisme-léninisme aient été l’idéologie officielle de la Russie Soviétique et de l’URSS sur toute sa durée est un fait qui ne peut pas être considéré de manière univoque, si l’on considère que le « marxisme-léninisme » est encore formellement l’idéologie officielle de la seconde puissance boursière et financière mondiale actuelle, la Chine…

C’est Marx lui-même, dans l’exposé de sa méthode, qui nous invite à considérer qu’on ne peut pas essentiellement juger d’une époque par ce qu’en disent les protagonistes eux-même…

«   De même qu’on ne juge pas un individu sur l’idée qu’il se fait de lui, de même on ne peut juger une telle époque de bouleversement sur sa conscience de soi ; il faut, au contraire, expliquer cette conscience par les contradictions de la vie matérielle, par le conflit qui existe entre les forces productives sociales et les rapports de production. »

Karl Marx Préface à la Contribution à la critique de l’économie politique, 1859.

C’est donc là encore une occasion utile de rappeler ce qui est un élément essentiel de sa méthode dialectique, à savoir la prépondérance du rôle des infrastructures, de la base sociale et économique, sur celui des superstructures, des institutions politiques, des idéologies, surtout «officielles »…

D’un point de vue communiste marxiste-léniniste Il est clair que le sens d’Octobre ne change pas, que ce soit au 99ème anniversaire, au 101ème ou n’importe quand, du reste, mais le 100ème, c’est bien une occasion incontournable de débats, de médiatisations diverses, dont il reste possible de faire, à l’occasion, une arme politique.

Et une telle arme politique n’a évidemment de sens que dans le contexte présent…

Tenter de porter, en quelque sorte, la parole d’Octobre parmi les masses prolétariennes c’est se confronter à la fois à l’image que le système a réussi à forger de cet événement historique et de ses conséquences, et à la réalité actuelle de la crise à laquelle les prolétaires sont eux-mêmes directement et quotidiennement confrontés.

L’image que le système renvoie de l’URSS, c’est aussi l’image qu’il renvoie de la Révolution d’Octobre, l’une étant inséparable de l’autre. Il est donc vain de vouloir célébrer dignement le centenaire d’Octobre sans rendre sa dignité à l’histoire de l’URSS.

Selon l’image qu’ont réussi à en populariser les médias occidentaux et la culture officielle du système capitaliste, l’URSS et l’ensemble du monde communiste sont vus comme une vaste prison qui se serait effondrée comme un château de carte.

C’est donc cette image d’un échec irrémédiable et irréversible de la première tentative de construction du socialisme prolétarien que la bourgeoisie a besoin de forger pour sa propre survie, car plus d’un quart de siècle après cet effondrement, elle n’a toujours pas résolu sa propre crise et se trouve confrontée à la nécessité d’en faire supporter les conséquences au prolétariat et à l’ensemble des couches populaires.

Et plus elle a besoin de durcir les conditions de vie de la majeure partie du corps social, et du prolétariat en premier lieu, et plus elle a besoin de cette image dégradée du socialisme, de l’URSS, et de la Révolution d’Octobre.

Or une telle image dégradée de la Russie Soviétique et de l’influence de l’URSS, ce n’est pas celle qu’en a conservé la mémoire populaire de ceux qui sont concernés en premier lieu, à savoir les Russes eux-même !

Selon l’Occident, l’effondrement de l’URSS devait être la «fin de l’histoire», la «libération des peuples de l’Est», le «développement économique par le capitalisme», etc…

Aujourd’hui, plus d’un quart de siècle après cette « libération », plus de 55% des Russes, même selon les instituts de sondage US, s’affirment nostalgiques de l’URSS, et Lénine et Staline y sont encore considérés parmi les chefs d’État russes les plus populaires, avec Poutine, alors que Gorbatchev et Eltsine sont carrément honnis, que cela « choque » l’Occident ou non!

Pourtant, le retour au pouvoir d’un parti communiste, même s’il en est d’influents, n’y semble pas imminent.

Gorbatchev, liquidateur de l’URSS en 1991, avait déjà depuis des années livré officiellement l’économie de son pays aux bandes maffieuses constituées par les gangs de racketteurs tout droit sortis des anciens goulags. C’était ce qu’il prétendait être la « perestroïka » (reconstruction) !! Parachevant cette ruine économique tragique et entraînant un appauvrissement généralisé de la population, sous l’ère Eltsine, ces gangs, les futurs « oligarques », se sont affrontés de manière sanglante pendant des années, jusqu’à ce que le clan Poutine, issu du KGB, prenne le dessus et impose son ordre, toujours en place, depuis 1999. Aujourd’hui, la Russie reste un état capitaliste «  émergent  », capable de défendre militairement son indépendance, mais d’une puissance financière à peu près équivalente à celle de l’Espagne, infiniment plus petite…

>>>Aujourd’hui la Russie Soviétique qui suscite la nostalgie n’est donc pas celle, dégénérée, de Gorbatchev, déjà ravagée depuis longtemps par le capitalisme, …mais bien celle qui est sortie de terre à l’issue de la Grande Révolution d’Octobre, il y a cent ans.

>>>Celle qui a émergé du néant, saignée à blanc par la 1ère guerre mondiale, puis par la guerre « civile », guerre soutenue en fait par toutes les puissances impérialistes occidentales, dont la France.

>>>Celle qui, dès 1917, organisait le pouvoir des Soviets, assemblées ouvrières et paysannes sur la société, alors que chez nous « démocratie » rime encore avec ploutocratie, oligarchie et surtout duperie !

>>>Celle qui, en 20 ans, est devenue, à partir d’un pays totalement ruiné, une puissance économique industrielle capable de résister à l’Allemagne Nazie, puissance dominante en Europe, et de la vaincre!

>>>Celle qui, une nouvelle fois ruinée par cet effort immense, s’est relevée à nouveau en quelques années, sans déchoir de son rang de deuxième puissance mondiale

Mais à partir de 1956, avec les « réformes économiques » de Khrouchtchev, en fait déjà un rétablissement déguisé du capitalisme, s’ouvrira une ère de stagnation économique et de recul social, parachevée sous la « perestroïka » de Gorbatchev.

Néanmoins, de nombreux acquis sociaux de la première période y ont longtemps perduré, et suffisamment pour que l’on puisse comprendre à la fois la nostalgie actuelle et la méfiance à l’égard des divers «communistes», héritiers de l’ère Gorbatchev, bien qu’ils fassent mine de s’en défendre et n’hésitent pas à se référer formellement à Lénine et à Staline pour tenter de récupérer leur prestige de leaders historiques.

Ce n’est pas là, comme on l’a vu, un point de vue réellement marxiste-léniniste, qui ne consiste pas à se contenter de proclamations nostalgiques, mais cherche à analyser ce qui se passe en profondeur, dans les infrastructures, aussi bien de la société capitaliste, pour comprendre sa crise actuelle, que de celle du socialisme, pour comprendre les causes de sa disparition, alors que l’URSS avait rayonné quasiment sur un tiers de la planète, à son apogée.

C’est pourquoi, si l’on sent bien, aujourd’hui, avec la crise chronique du capital, même avec ses quelques courtes périodes de « rebonds », en faits autant de sursauts stériles, que l’évolution de cette « civilisation » mondialisée, littéralement « contre nature », ne peut plus être que régressive, l’effacement brutal et spectaculaire du « continent socialiste » peut apparaître, lui aussi, comme l’engloutissement d’une autre civilisation, ce qu’il fut, pour partie, en réalité.

Pourtant, si l’on veut comparer historiquement le destin des sociétés et des civilisations, il faut rappeler que la bourgeoisie, apparue en tant que classe avec le tournant de l’an mille, a encore mis plus de huit siècles avant de s’imposer radicalement comme classe politiquement dominante, en France, malgré sa domination économique déjà progressivement acquise au cours des siècles et définitivement réaffirmée avec les prémisses de la révolution industrielle.

Là peut s’arrêter cette comparaison, car chaque mutation profonde de société a ses propres caractéristiques, à nulle autre pareille.

Néanmoins, les convulsions révolutionnaires, de la fin du XVIIIème siècle au début du XXème, montrent que ces processus de transformation ne sont pas linéaires, mais comportent des sauts brusques, des retours en arrière, des situations que l’on peut qualifier d’ »hybrides », etc…

De l’an mille à aujourd’hui, la bourgeoisie a constamment évolué, et tente de le faire encore, même si elle apparait comme en bout de course, dans ses possibilités de régler la crise…

Le prolétariat moderne, né avec la révolution industrielle, a déjà beaucoup changé, et change encore radicalement, sous l’effet de la « mondialisation », résultante de la domination impérialiste actuellement sans partage, autre qu’entre rapaces impérialistes eux-même, et sans résistance, autre que très locale ou très partielle.

Mais de même que la bourgeoisie tenait entre ses mains, depuis le cœur du moyen-âge, les clefs de l’avenir, c’est, aujourd’hui encore, et depuis son apparition en tant que classe industrielle, le prolétariat qui les détient, désormais.

Cela peut paraitre moins évident, aujourd’hui, en Occident, mais le prolétariat industriel mondial continue de croitre, et ici, l’extension du secteur tertiaire, combinée avec la paupérisation des classes moyennes et la marchandisation des services, crée, avec la crise, une nouvelle extension du prolétariat.

Au cours des trois derniers siècles, les plus grandes révolutions, bourgeoises comme prolétariennes, et presque simultanément dans certains cas, ont connu leurs lots d’épopées, de tragédies et d’errements, mais dans tous les cas, l’histoire est écrite par les vainqueurs.

Actuellement, c’est la bourgeoisie qui a nettement repris le dessus, à l’échelle mondiale, même si tout le monde comprend bien que cette « domination » repose sur les sables mouvants et boueux de sa propre crise.

Même dans ses tentatives vaines de raffermir sa base instable, la bourgeoisie n’en continue donc pas moins de proclamer haut et fort, et même d’autant plus fort, ses prétendues « valeurs éthiques », y comprit à grands renforts, précisément, de rappels « historiques », pourtant parfois nauséabonds, comme celui du colonialisme, puisant ses racines dans l’esclavagisme.

Et même si la bourgeoisie n’affirme pas plus vouloir rétablir l’esclavagisme que l’échafaud ou la guillotine, elle n’en continue pas moins à vouloir nous faire entonner ce couplet selon lequel un sang « impur » abreuve son sillon, qu’elle continue très concrètement et quasi quotidiennement d’irriguer , par ses opérations militaires aux quatre coins du monde.

Et lorsqu’elle prétend critiquer la « violence répressive » du bolchévisme elle omet de rappeler que sa propre survie ne tient qu’aux bains de sang et à la furia destructrice qu’elle impose régulièrement aux peuples du monde, et encore aujourd’hui, même si de façon plus « diffuse » que pendant les deux guerres mondiales.

Très récemment, dans la première phase de la campagne électorale française, on a vu ressurgir, derrière les costumes à 7000 euros pièce du « Très Honorable François Fillon », l’ombre de la « Françafrique », fer de lance néocolonialiste sanguinolent de notre « très démocratique » bourgeoisie française…

Rappelons en deux mots l’un des « exploits » les plus saillants de la dite « Françafrique », en 1994, en seulement 3 mois, le génocide rwandais a fait très « officiellement » 800 000 victimes, le plus souvent massacrées à la machette, jusque dans les églises… 800 000, et beaucoup plus, selon d’autres sources, peu suspectes de partialité:

http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Genocide-au-Rwanda-un-million-de-morts-en-100-jours-2014-04-10-1134203

https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9nocide_des_Tutsis_au_Rwanda

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/05/24/1994-2017-collaboration-droite-gauche-un-heritage-sanglant-et-mortifere/

Même si cela reste regrettable et considérable, sur trente années, la répression politique en URSS « stalinienne » n’en a pas fait autant, selon les sources originales, telles qu’examinées à la loupe par les historiens chercheurs US, à l’ouverture des archives soviétiques…

Mais si les 800 000 morts du Rwanda ont à peine le droit à des procédures symboliques concernant leurs bourreaux directs, et pratiquement aucune, concernant les complices français des commanditaires du massacre, les malheureuses victimes de la répression en URSS se sont, elles, mystérieusement « multipliées », et de façon exponentielle, pour devenir 100 millions et plus, sous la plume des scribes médiatiques au service du capitalisme!

Et c’est, quotidiennement, cette armée de 100 millions de fantômes qui pilonne les consciences populaires, via les médias du système, à la moindre occasion où il est question de communisme ou d’URSS !!

Tandis que les amis de la « Françafrique » se taillent, eux, des costumes de luxe dans les dépouilles de leurs massacres.

Il ne s’agit justement pas, ici, d’ébaucher une sordide « échelle de valeur » entre les origines des victimes de l’histoire.

Les victimes du Génocide des Tutsis au Rwanda ont toutes autant droit à notre respect humain que les victimes des exécutions et massacres de la Grande Révolution Française, et tout autant que celles de la Révolution Soviétique.

Dans le cas du Rwanda, il s’agissait très « officiellement » d’une contre-révolution, mais quoi qu’il en soit, le but d’une révolution n’est jamais, fondamentalement, de massacrer ses ennemis. Il est d’abord et toujours de lutter contre une oppression, quelle qu’en soit la nature, et d’établir des rapports humains plus sociaux et plus justes.

Dans la Résistance, le but des Partisans n’était pas d’abord de tuer des allemands, mais de libérer le monde de la barbarie fasciste.

Rappelons encore, à cette occasion, que c’est à l’URSS et à ses Partisans, sur tout le continent eurasiatique, que l’on doit, et de loin, le plus gros effort et les plus grands sacrifices pour en finir avec le nazisme.

Or cette capacité de résistance n’est pas le fruit du hasard, mais bien l’héritage le plus direct du Grand Octobre!

Elle repose sur l’édification de la Russie Socialiste Soviétique, à partir d’un pays-continent complètement ruiné par la guerre de 1914-18 et les armées blanches, ensuite, elles-même soutenues directement par toutes les puissances impérialistes de l’Occident, au cours de la dite « Guerre Civile ».

C’est donc en à peine 20 ans qu’a surgi  de ce champ de ruines la puissance socialiste soviétique avec la capacité de défaire le nazisme, première puissance capitaliste industrielle européenne.

Non seulement il est donc impossible de parler d’échec du socialisme et de la Révolution d’Octobre, mais c’est ce sursaut de la volonté créatrice de tout un peuple, et du prolétariat russe à son avant-garde, qui doit être mis en valeur et en évidence comme le fait essentiel de cette histoire et la conséquence historique la plus importante de la Révolution d’Octobre. Même si cela n’empêche pas un regard historique critique et analytique.

Il est également notable que le même élan de reconstruction s’est reproduit après guerre, maintenant l’URSS au rang de très grande puissance mondiale, seule capable de tenir tête à l’impérialisme US, qui commence alors à étendre son emprise sur le reste du monde.

Si cette résistance anti-impérialiste a finalement été vaincue, ce n’est en réalité que par le retournement des fondamentaux économiques du socialisme, essentiellement opéré sous l’ère Khrouchtchev, et parachevé sous l’ère Gorbatchev. Un lent déclin de 35 ans, pour arriver à saper jusqu’à sa base l’héritage des générations héroïques d’Octobre!

Sans doute, en notre début de XXIème siècle, même si nous n’avons pas nécessairement besoin d’un tel développement exponentiel des forces productives, tel que celui de ces premières générations, mais de plus de démocratie et d’un développement respectueux de l’environnement, il n’en reste pas moins qu’en tirant les leçons utiles du socialisme prolétarien, pour en reprendre les fondamentaux économiques, il y a là l’alternative potentielle à la déchéance économique et sociale dans laquelle s’enfonce notre société « mondialisée ».

Qui peut le plus, peut le moins, et si l’Union Soviétique a su ressurgir plusieurs fois du néant où les agresseurs impérialistes et fascistes ont tenté de la plonger, il n’est donc pas douteux que le socialisme prolétarien puisse être la seule alternative efficace et incontournable à l’incapacité du capitalisme à produire un développement économique et social équilibré et harmonieux.

Remettre en lumière les fondamentaux de l’économie socialiste, c’est comprendre les lois économiques fondamentales qui se sont dégagées de la confrontation entre la théorie marxiste et sa mise en pratique sur le terrain.

Cela ne peut partir, même et surtout d’un point de vue marxiste, que de l’analyse des infrastructures de l’URSS et de leur évolution au fil de l’histoire de leur développement et des conflits entre les différents groupes de dirigeants qui ont agit sur cette évolution.

Partir de l’analyse des infrastructures de l’URSS, c’est aussi chercher à comprendre la cohérence entre les principes et lois économiques considérés utiles par les économistes soviétiques et la réalité sur le terrain, selon les époques.

 

Dans les années 20 le débat a porté sur l’articulation entre secteur privé et secteur d’État.

 

L’une des questions essentielles était de savoir ce que devenait la loi de la valeur, principe de base de l’économie classique et marxiste, et où s’arrêtait, éventuellement, son influence.

 

Une question liée de près à celle-ci était le rôle du marché comme régulateur, ou non, de l’équilibre des prix entre offre et demande.

Et donc, également, le rôle de l’intervention, plus ou moins autoritaire, de l’État sur la régulation des prix.

 

Autrement dit, il y a donc deux questions importantes à considérer en premier,

__la loi de la valeur

__la loi du marché

 

Et qui en amènent trois autres :

__leur interaction

__leurs domaines respectifs

__le rôle du plan

 

Ce débat, en réalité, et contrairement à ce que prétend l’historiographie la plus courante en France, tant « à gauche » qu’à droite, n’a pas suivi forcément les clivages de factions supposées « gauches » et « droites ».

 

Aussi bien Boukharine que Preobrajensky ont affirmé que le domaine d’influence de la loi de la valeur ne concernait plus le secteur socialiste et cela est resté largement l’opinion dominante jusqu’au lendemain de la seconde guerre mondiale.

On peut donc dire que l’influence « gauchiste », sur cette question, a prévalu dans la gestion du secteur d’État en général, puis dans celle du secteur socialiste, quasiment jusqu’à la préparation du XIXème Congrès, en 1952, où le débat à seulement commencé à prendre un tour nouveau.

 

Trotsky, quant à lui, tout en étant allié, en réalité uniquement tactiquement, avec l’ « opposition de gauche », a constamment défendu le rôle du marché comme régulateur, y compris pour le secteur d’État planifié. Incidemment, ce point de vue, clairement explicité par le trotskyste Michel Raptis, d’après les textes mêmes de son « maître-à-penser », c’est à dire de Trotsky lui-même, et qui consiste à considérer le marché comme régulateur, même dans l’économie capitaliste, c’est tout à fait le point de vue d’un économiste bourgeois, et non d’un marxiste…!

 

Trotsky, en ce sens, est le véritable précurseur du « réformisme » contre-révolutionnaire de Khrouchtchev. Dans ce cas, loi de la valeur et loi du marché interagissent exactement comme dans le régime capitaliste classique et la distinction entre secteur privé et secteur d’État tend à disparaître.

 

On a affaire, dans ce cas, et selon l’ouverture plus ou moins grande aux capitaux étrangers, à un vague « socialisme de marché » (type actuel>>>Chine) qui est en fait une forme de capitalisme plus ou moins « nationale » ou classique, voire comprador (« Zones économiques spéciales », en Chine).

 

Fort heureusement pour la survie de l’URSS, l’influence de Trotsky s’est considérablement réduite, dès le milieux des années 20, mais celle des économistes « de gauche » est restée prépondérante, même sous Boukharine.

 

A noter que, vers la fin des années 30, alors que l’URSS s’apprêtait à affronter l’Allemagne nazie, les trois, Boukharine, Preobrajensky, et Trotsky, se sont retrouvés sur les positions les plus droitistes de ce dernier, mais sans aucun succès, non plus, fort heureusement, non seulement pour l’URSS, mais aussi pour le reste du monde.

 

Néanmoins, à la veille de la seconde guerre mondiale, le débat n’était donc toujours pas tranché, et il faut considérer que la gestion de l’économie planifiée en a nécessairement souffert, malgré ses grands succès.

 

Il n’est pas douteux que des améliorations de gestion considérables auraient été possibles si la clarification avait pu avoir lieu au tournant des années 30.

 

Le XIXème Congrès de 1952 a donc enfin apporté un jour nouveau sur ces questions, et tranché, du reste, et même si à posteriori, la question de la relation entre secteur d’État socialiste et secteur privé.

 

Dans le secteur privé la relation Loi de la valeur/Loi du marché reste assez classique, mais l’État peut y intervenir pour contrôler les prix.

 

Dans la relation entre secteur socialiste et privé, le contrôle du plan, en plus de celui des prix, peut et doit intervenir. L’action des deux lois économiques y persiste, tout en étant très réduite.

 

Dans le secteur socialiste, c’est la planification qui est la règle, et la Loi de la valeur peut et doit y être utilisée, de manière contrôlée, pour ajuster les prix en fonction de la valeur-travail, et donc pour arriver à un équilibre économique et budgétaire satisfaisant et conforme au plan.

 

L’influence de la Loi du marché, dans le secteur socialiste planifié, est, par contre, tout à fait exclue.

 

A l’époque du XIXème Congrès, le secteur privé a tout à fait disparu, mais les relations entre secteur d’État socialiste et secteur coopératif (kolkhozes), s’apparentent, du point de vue des principes économiques, aux relations entre secteur d’État et secteur privé.

 

Il y a donc persistance de l’interaction « valeur-travail/marché », dans ce domaine, même si largement contrôlé par l’État.

 

Et il y a encore également possibilité d’utiliser la loi de la valeur et la notion de valeur-travail, pour améliorer la gestion du secteur économique socialiste entièrement planifié, et où, par contre, l’influence de la loi du marché reste donc totalement exclue.

 

Néanmoins, dès 1953, prenant appui sur le retour partiel de la loi de la valeur, les révisionnistes khrouchtcheviens vont s’efforcer, et malheureusement avec succès, cette fois ci, de réintégrer la loi du marché à tous les niveaux.

 

C’est pourquoi il nous faut bien comprendre la ligne du XIXème Congrès, et l’utilisation marxiste enfin correcte qu’elle propose pour la Loi de la valeur et la valeur-travail, telle qu’abordée par Marx, pour la période de transition, dans la Critique du Programme de Gotha, cité par Staline, du reste, dans son ouvrage de préparation à ce Congrès.

 

Ces principes économiques sont également les principes fondamentaux rappelés par Lénine, en Septembre 1917, au Chapitre 5, consacré à ce sujet, dans son ouvrage L’État et la Révolution.

Loin d’être contradictoires avec les mesures proposées pour le capitalisme d’État en 1918, et mises en œuvres plus tard, avec la NEP, en 1921, il en sont le complément indispensable, pour l’interaction entre les deux secteurs, selon le schéma résumé ci-dessus.

 

Certainement difficile à mettre en œuvre dans les conditions concrètes de l’époque, l’utilisation de ces principes, autour de la valeur-travail, est aujourd’hui potentiellement grandement facilitée avec les méthodes modernes de gestion informatique, qui permettent, en outre, l’exercice d’une démocratie participative directe, également grandement facilitée.

 

Cela peut et doit être notre guide, dans l’élaboration d’un nouveau programme communiste, pour la phase de transition de notre époque, en lien avec les masses prolétariennes et populaires.

A partir des leçons d’Octobre, avancer l’ébauche d’un tel programme et la populariser comme thème du débat public, c’est l’un des travaux essentiels de recherche, d’analyse, et en fin de compte, d’agit-prop,  que doivent faire les marxistes-léninistes du XXIème siècle, à l’occasion de ce centenaire, et que nous pouvons considérer comme un élément de la Révolution du Retour au Réel!

 

Si nous savons les comprendre dans leur dimension historique et dans leur actualité, c’est à dire, sans dogmatisme, nous pouvons faire en sorte que les idées du XIXème Congrès, dernier Congrès du Parti Bolchévique, soient un point de départ pour faire le bilan de l’expérience soviétique et en tirer enfin les leçons vraiment utiles pour notre époque. Considéré ainsi, d’un point de vue vraiment marxiste, le bolchévisme est, plus que jamais, une idée neuve !

 

 


 Lucien LUNITERRE

Pierre GRINDSABLE

Sur le Centenaire

d’Octobre

et l’histoire de l’URSS,

une liste de liens

vers des articles de fond,

des débats,

des documents :

Sous forme d’articles de fond :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/18/doctobre-a-la-chute-de-lurss-problematique-du-rapport-de-force-et-de-la-superstructure/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/14/un-siecle-apres-la-revolution-doctobre-1917-comprendre-lhistoire-de-lurss/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/06/de-la-nature-de-classe-de-la-contre-revolution-khrouchtchevienne-nouveau-debat-avec-locf/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/05/prix-du-petrole-effondrement-des-cours-et-effondrement-dune-theorie-pseudo-marxiste-leniniste/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/07/15/de-juillet-a-octobre-ou-comment-la-petite-bourgeoisie-voit-les-revolutions/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/valeur-loi-de-la-valeur-plus-value-un-essai-de-breve-definition/

 

 

 

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Sur les origines maffieuses anciennes de la classe actuelle des « oligarques » russes, voir :

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/10/lenfer-des-gangs-de-la-fin-de-lurss-a-la-russie-actuelle.pdf

 

 

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Sous forme de débats :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/09/23/rouge-a-levres-bas-nylon-et-philo-du-diamat-ou-letrange-suite-dun-debat-sur-leconomie-sovietique/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/09/21/ce-que-javoue-franchement-et-revendique-meme-sans-le-moindre-detour/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/20/retour-sur-les-mensonges-du-rcc-chb-a-propos-de-lhistoire-economique-de-lurss/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/17/heritage-doctobre-sur-le-front-anti-imperialiste-encore-du-lenine-sans-poussiere/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/16/heritiers-doctobre-quelques-elements-au-debat/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/06/26/que-faire-doctobre-elements-du-debat-sur-le-blog-vlr/

 

 

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Documents et études de documents :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/01/rapport-jdanov-1947-un-message-dalexandra-kollontai/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/17/heritage-doctobre-sur-le-front-anti-imperialiste-encore-du-lenine-sans-poussiere/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/06/20/le-dernier-congres-bolchevique-ou-sest-exprimee-la-ligne-marxiste-leniniste/

Les problèmes économiques du socialisme en URSS

http://michel.delord.free.fr/jstal-probecosoc.pdf

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/05/29/e-ou-a-une-seule-lettre-peut-elle-changer-le-cours-de-lhistoire/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/05/20/en-provenance-presque-directe-des-archives-russes-le-texte-original-de-preobrajensky/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/05/20/histoire-de-leconomie-sovietique-preobrajensky-le-chainon-manquant/

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/10/01/lenine-un-laic-toujours-dactu/

 

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Sur des sujets connexes :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/09/07/marx-marxisme-cui-bono/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/07/02/marx-capital-iii-9-et10-note-de-lecture-en-marge-de-trotsky-contre-marx/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/06/17/trotsky-contre-marx-1-objet-et-pertinence-du-propos/

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2016/09/marx-au-banc-dessai-de-lhistoire_vf.pdf

 

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L’URSS en musique… !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/05/09/журавли-et-autres-chansons-du-regiment-immortel-a-lyon-venissieux-ce-8-mai-2017/

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OCTOBRE - deuxieme tour

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1917-2017

Les travailleurs doivent-ils fêter

le centenaire de la Révolution d’Octobre  ?

Même si l’URSS n’a été officiellement créée qu’en 1922, la Révolution d’Octobre en est incontestablement l’acte fondateur…

 

(NOUVEAU TEXTE DU TRACT

   TRACT OCTOBRE vf    )

En cette année 2017, en Octobre,

la Russie Soviétique aurait pu avoir 100 ans…

Les capitalistes occidentaux ont réussi à persuader leurs peuples que l’URSS fut un échec d’un bout à l’autre, comme modèle de développement…

Alors que potentiellement, lors de sa dissolution, en 1991, elle était encore la seconde puissance mondiale.

Son effondrement devait être la «fin de l’histoire», la «libération des peuples de l’Est», le «développement économique par le capitalisme», etc…

Aujourd’hui, plus d’un quart de siècle après cette « libération », plus de 55% des Russes, même selon les instituts de sondage US, s’affirment nostalgiques de l’URSS, et Lénine et Staline y sont encore considérés parmi les chefs d’État russes les plus populaires, avec Poutine, alors que Gorbatchev et Eltsine sont carrément honnis, que cela « choque » l’Occident ou non!

Pourtant, le retour au pouvoir d’un parti communiste, même s’il en est d’influents, n’y semble pas imminent.

Gorbatchev, liquidateur de l’URSS en 1991, avait déjà depuis des années livré officiellement l’économie de son pays aux bandes maffieuses constituées par les gangs de racketteurs tout droit sortis des anciens goulags. C’était ce qu’il prétendait être la « perestroïka » (reconstruction) !! Parachevant cette ruine économique tragique et entraînant un appauvrissement généralisé de la population, sous l’ère Eltsine, ces gangs, les futurs « oligarques », se sont affrontés de manière sanglante pendant des années, jusqu’à ce que le clan Poutine, issu du KGB, prenne le dessus et impose son ordre, toujours en place, depuis 1999. Aujourd’hui, la Russie reste un état capitaliste «  émergent  », capable de défendre militairement son indépendance, mais d’une puissance financière à peu près équivalente à celle de l’Espagne, infiniment plus petite…

>>>Aujourd’hui la Russie Soviétique qui suscite la nostalgie n’est donc pas celle, dégénérée, de Gorbatchev, déjà ravagée depuis longtemps par le capitalisme, …mais bien celle qui est sortie de terre à l’issue de la Grande Révolution d’Octobre, il y a cent ans.

>>>Celle qui a émergé du néant, saignée à blanc par la 1ère guerre mondiale, puis par la guerre « civile », guerre soutenue en fait par toutes les puissances impérialistes occidentales, dont la France.

>>>Celle qui, dès 1917, organisait le pouvoir des Soviets, assemblées ouvrières et paysannes sur la société, alors que chez nous « démocratie » rime encore avec ploutocratie, oligarchie et surtout duperie !

>>>Celle qui, en 20 ans, est devenue, à partir d’un pays totalement ruiné, une puissance économique industrielle capable de résister à l’Allemagne Nazie, puissance dominante en Europe, et de la vaincre!

>>>Une nouvelle fois ruinée par cet effort immense, l’URSS se releva à nouveau en quelques années, sans déchoir de son rang de deuxième puissance mondiale

Mais avec les « réformes économiques » de Khrouchtchev, en fait déjà un rétablissement déguisé du capitalisme, s’ouvrira une ère de stagnation économique et de recul social, parachevée sous la « perestroïka » de Gorbatchev.

Néanmoins, de nombreux acquis sociaux de la première période y ont longtemps perduré, et suffisamment pour que l’on puisse comprendre à la fois la nostalgie actuelle et la méfiance à l’égard des divers «communistes», héritiers de l’ère Gorbatchev, bien qu’ils fassent mine de s’en défendre et n’hésitent pas à se référer formellement à Lénine et à Staline pour tenter de récupérer leur prestige de leaders historiques.

Les véritables communistes sont parfaitement conscients des légendes noires, mensonges et calomnies déversées par la bourgeoisie pendant des dizaines d’années sur leur propre histoire. Ils ne se contentent pas de proclamations nostalgiques mais tirent, dans un esprit critique constructif, les leçons utiles de l’histoire de l’édification de l’Union Soviétique, qui a rayonné un temps sur le tiers de la planète.

Leur but n’est pas de la reconstituer en l’état, mais de construire un nouveau projet d’alternative prolétarienne, à la fois digne du Grand Octobre et capable de répondre, en 2017, au chaos de la crise du capitalisme ainsi qu’à sa mascarade de démocratie, et notamment en Macronie !

« NOUS NE SOMMES RIEN ? SOYONS TOUT ! »

Eugène POTTIER – « L’Internationale »

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POUR DÉBATTRE D’UNE ALTERNATIVE POLITIQUE

ET ÉCONOMIQUE A LA CRISE!

Toutes les richesses créées, en biens et services socialement utiles, sont le fruit du travail, devenu précaire et de plus en plus mal payé, des forces vives productives qui sont la force essentielle de la société.

Leur fonction naturelle est de répondre aux besoins sociaux des travailleurs et de leurs familles.

Avec la crise, le fait qu’elles soient détournées au profit de l’accumulation du capital apparait de plus en plus flagrant.

Les besoins sociaux les plus élémentaires d’une part croissante de la population ne sont plus satisfaits, alors que prolifèrent les services et productions superfétatoires et de luxe, gaspillant les ressources de la planète.

Rendre aux forces productives vives leur fonction sociale première, c’est l’exigence de l’heure!

Dans ce but, il est nécessaire de rendre à chacun le pouvoir de s’y impliquer, en y participant par son travail, afin de recevoir en échange la juste part qui lui en revient, pour soi-même et sa famille.

8 points du débat de fond :

___1_Refonte complète des institutions politiques et de l’état, en donnant tout le pouvoir aux travailleurs, qui doivent être représentés par eux-mêmes et avoir le droit de révoquer leurs élus. Donner à la démocratie prolétarienne la direction de l’économie.
Électivité et révocabilité du personnel de l’appareil d’état (police, armée, justice, responsables administratifs).
Élus politiques, cadres et officiers, dont le salaire est ramené au salaire des ouvriers et ouvriers qualifiés, selon grade et responsabilités.
(Fourchette de 1 à 3)

__2_Créer un nouvel équilibre économique où les forces productives sont employées pour répondre aux besoins sociaux réels, et non à l’accumulation du capital. Cela seulement rendra possible le partage du travail entre tous, éliminant ainsi le chômage et la précarité.

L’avenir du mouvement social n’existe donc concrètement qu’autour des revendications pour un tel partage véritablement socialiste prolétarien du travail, impliquant la socialisation des moyens de production et des services essentiels.

__3_Recensement des besoins sociaux urgents actuellement non satisfaits, notamment en matière de logement et de santé.

__4_Recensement des forces productives disponibles et nécessaires à développer pour satisfaire ces besoins réels.

__5_Redéfinition d’un budget en équilibre, en base valeur-travail, entre ces forces productives et ces besoins.

__6_Redéfinition, dans cet équilibre, de la durée moyenne hebdomadaire de travail, nécessaire pour atteindre cet objectif.

__7_Réajustement, dans le cadre de cet équilibre, du SMIC à un niveau permettant d’accéder au moins à la satisfaction pour tous des besoins sociaux essentiels, notamment en matière de logement, éducation, culture, sport, etc…

__8_Prise en compte, dans cet équilibre, de l’effort collectif nécessaire aux objectifs de sécurité, de développement social et de solidarité.

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Voir aussi l’appel original du Collectif Marxiste-Léniniste OCTOBRE!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/07/23/1917-2017-octobre-arrive-que-faire-du-centenaire-un-premier-element-de-reponse/

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Et ici même, sur

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https://nousnesommesriensoyonstout.wordpress.com/2017/07/25/manifeste-du-collectif-marxiste-leniniste-octobre/

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14 JUILLET 2017

Trump était l’invité « d’honneur » de Macron, au motif prétexté de la célébration du centenaire de l’intervention US en France, dès la première guerre mondiale, en 1917.

Une reconnaissance officielle tardive, en fait, pour ce qui est d’admettre que de « victoire française » dans ce conflit, il n’y eut déjà pas, en réalité, tant cette intervention US fut décisive dans le renversement du rapport de forces.

Elle consacrait la réalité de l’arrivée des USA au tout premier plan des puissances mondiales, et comme puissance montante dont on ne connaissait pas encore réellement les limites…

Ce que le G20 a confirmé, au delà des rodomontades verbales, c’est que la « regimbade » du pantin Macron, même relayée par son Tartuffe-écolo Hulot, sur la question « climatique », demeurée controversée quant au fond, était une regimbade à bon marché, en réalité, si le prix en était donc de rétablir très officiellement l’image des USA comme « libérateurs » de la planète, et cela dès 1917!

Il est vrai que depuis la seconde moitiée du XXème siècle, elle avait quelque peu souffert… !

Mais l’image de la France que Macron tente de nous imposer est bien aussi une pâle copie de ce modèle sociétal impérialiste…

Son image de la « réussite » n’est que celle empruntée à son « sponsor » Xavier Niel, le Pape des « strat-up », et mise en scène directement en son royaume ubuesque de la « Station F », « The New France », d’où 90% des passagers de ce train infernal seront inexorablement débarqués, selon ses propres statistiques, et donc rejetés dans la masse « des gens qui ne sont rien », selon le mot du Président…

Dans une autre France, donc, un autre pays, celui de ceux qui travaillent vraiment, de ceux qui voudraient encore pouvoir gagner leur vie au travail, des retraités qui voudraient bien vivre tranquillement leurs dernières années sur le fruit de leur travail, des mères de famille qui espèrent un avenir pour leurs enfants, et de tant d’autres, supposés avoir une vie devant eux…

C’est d’une autre société, en réalité, dont il s’agit ici, une société qui reste en devenir, et nécessite impérativement une alternative au système actuel !

article

 

POUR NOUS CONTACTER à « NNSRST! »,

le plus simplement par e-mail à:

 

nousnesommesriensoyonstout@laposte.net

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Fin des illusions – Un tract pour la procession du 16 Novembre !! (réédition)

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La fin

des illusions

réformistes !

Avec la Loi El Khomri, la classe ouvrière et l’ensemble des couches populaires ont compris que la bourgeoisie française était décidée à faire face à la crise en faisant reculer le droit social sans fixer la moindre limite à ce recul.

C’est simplement ce que confirme le « nouveau » pouvoir de Macron, en allant encore beaucoup plus loin dans cette destruction systématique, avec ses « ordonnances » pour une potion socialement mortelle.

Après la première lutte perdue contre la Loi El Khomri, la résistance contre les « ordonnances » ne parvient pas à trouver un second souffle, et pour cause…

Les processions syndicales à répétition ne font plus recette et montrent la désillusion du prolétariat quant au « réalisme » des revendications réformistes.

Ne rien lâcher, réduire encore plus le « coût » du travail humain, c’est une nécessité absolue pour la survie du capital en crise, désormais.

Le discours des syndicats, même « radicalement » réformiste, genre « front social », n’est plus crédible.

Malgré l’échec de la lutte anti-El Khomri, l’abstention massive aux élections avait encore davantage marqué le « désenchantement » populaire vis à vis de la classe politique, y compris « de gauche »…

Répondre aux besoins sociaux populaires implique le développement d’ un appareil productif industriel approprié. Hors celui-ci a disparu déjà depuis longtemps, en France, démantelé et délocalisé au profit des capitaux financiers circulant dans les zones à moindre coût de main-d’œuvre, et notamment en Chine.

Les industries européennes survivantes, à forte valeur technologique ajoutée, ont été concentrées en Allemagne, pour plus de rentabilité et de docilité de la main-d’œuvre.

La bourgeoisie française se positionne dans la mondialisation comme plaque tournante de capitaux financiers, et non comme créatrice d’emploi productifs sur son propre sol, voué aux « petits boulots » de services, au tourisme, aux rares productions de luxe qui n’intéressent que sa propre classe et ses affidés.

La reconstruction d’un tissu économique et social digne de ce nom n’intéresse aucune de ses factions, et il n’y a que la petite-bourgeoisie en voie de paupérisation qui tente d’entretenir l’illusion de la reconstitution d’un capitalisme « national », « productif français », etc…

Reconstruire un tissu économique et social capable de répondre aux besoins sociaux réels du prolétariat et des couches populaires, cela ne peut être que l’œuvre du prolétariat lui-même, en alliance avec les couches populaires.

La petite-bourgeoisie idéaliste « sociale », « progressiste », « écologiste », etc… devra choisir entre ses vaines illusions, qui mènent à la capitulation, et le camp de l’unité prolétarienne.

A l’occasion du centenaire de la Révolution d’Octobre, ce que la petite-bourgeoisie, comme la grande, tente de dissimuler à tout prix, aussi bien derrière ses calomnies habituelles répétées à l’envie que par ses pseudo- »études universitaires », c’est la formidable productivité que le socialisme prolétarien à engendré en URSS, lui permettant, en moins de 20 ans, de se reconstruire entièrement et de se développer au point de résister à l’Allemagne nazie, alors au top de la puissance industrielle en Europe, et de la vaincre.

Et cela sans aucune des conditions actuelles permettant, avec les progrès technologiques, à la fois une gestion rationnelle, et une gestion démocratique, participative, interactive, et donc équilibrée entre les besoins sociaux réels, qu’il est désormais plus facile de cerner, et les forces productives nécessaires, qu’il est désormais également plus facile d’adapter.

Encore faut-il en avoir la volonté politique, et elle ne peut émaner que du prolétariat lui-même, ce qui implique une refondation totale de son organisation politique, qui reste à recréer, dans cette perspective sociale et politique prolétarienne, la seule viable, en réalité.

Luniterre

Le texte de l’article en version PDF/tract imprimable,

fin des illusions reformistes_PDF_

    + au verso: les 8 points du débat de fond pour

…La Révolution du Retour au Réel!

[NDLR: SUR LE MÊME THÈME:

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/10/29/macron-melenchon-un-moment-etrange-de-verite/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/29/macron-le-pere-noel-et-ses-amis-illusionnistes/ ]

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POUR DÉBATTRE D’UNE ALTERNATIVE POLITIQUE

ET ÉCONOMIQUE A LA CRISE!

Avec la crise, Les besoins sociaux les plus élémentaires d’une part croissante de la population ne sont plus satisfaits, alors que prolifèrent les services et productions superfétatoires et de luxe, gaspillant les ressources de la planète. Rendre aux forces productives vives leur fonction sociale première, c’est l’exigence de l’heure! Dans ce but, il est nécessaire de rendre à chacun le pouvoir de s’y impliquer, en y participant par son travail, afin de recevoir en échange la juste part qui lui en revient, pour soi-même et sa famille.

8 points du débat de fond :

___1_Refonte complète des institutions politiques et de l’état, en donnant tout le pouvoir aux travailleurs, qui doivent être représentés par eux-mêmes et avoir le droit de révoquer leurs élus. Donner à la démocratie prolétarienne la direction de l’économie.

Électivité et révocabilité du personnel de l’appareil d’état (police, armée, justice, responsables administratifs).

Élus politiques, cadres et officiers, dont le salaire est ramené au salaire des ouvriers et ouvriers qualifiés, selon grade et responsabilités. (Fourchette de 1 à 3)

__2_Créer un nouvel équilibre économique où les forces productives sont employées pour répondre aux besoins sociaux réels, et non à l’accumulation du capital. Cela seulement rendra possible le partage du travail entre tous, éliminant ainsi le chômage et la précarité.

L’avenir du mouvement social n’existe donc concrètement qu’autour des revendications pour un tel partage véritablement socialiste prolétarien du travail, impliquant la socialisation des moyens de production et des services essentiels.

__3_Recensement des besoins sociaux urgents actuellement non satisfaits, notamment en matière de logement et de santé.

__4_Recensement des forces productives disponibles et nécessaires à développer pour satisfaire ces besoins réels.

__5_Redéfinition d’un budget en équilibre, en base valeur-travail, entre ces forces productives et ces besoins.

__6_Redéfinition, dans cet équilibre, de la durée moyenne hebdomadaire de travail, nécessaire pour atteindre cet objectif.

__7_Réajustement, dans le cadre de cet équilibre, du SMIC à un niveau permettant d’accéder au moins à la satisfaction pour tous des besoins sociaux essentiels, notamment en matière de logement, éducation, culture, sport, etc…

__8_Prise en compte, dans cet équilibre, de l’effort collectif nécessaire aux objectifs de sécurité, de développement social et de solidarité.

TRIBUNE MARXISTE-LÉNINISTE

https://tribunemlreypa.wordpress.com/                                                                                            tml-info@laposte.net

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Lénine à Paris… Ou quand la petite histoire rencontre la grande…

https://i1.wp.com/rhapsody2000.free.fr/nc1/images/wallpapers/3000/i_3511_lenin_in_paris_lenine_a_paris.jpg

 

Reçus par e-mail, ces deux « instantanés » où la roue de la petite histoire rencontre celle de la grande, et de façon « percutante »…

Elle ne l’a pourtant pas empêché de continuer à tourner…

 

IMAGE DU FILM « LÉNINE A PARIS »

https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9nine_%C3%A0_Paris

100 ans avant la révolution Vélib, Lénine circulait à bicyclette à Paris…

Devant les trois appartements qu’il a occupés dans le 14ème arrondissement (c’est toujours émouvant pour des croyants comme nous d’y faire un pèlerinage, même une fois par an), on pouvait, il y a plus de 100 ans, voir Lénine entretenir ou réparer sa bicyclette sur le trottoir.

La préparation était nécessaire avant de se rendre ici ou là dans la capitale ou en banlieue pour étudier l’histoire de la révolution française à la bibliothèque, améliorer son français avec une amie, ou discuter dans les cafés du quartier dans lequel se tapissaient aussi des espions du Tsar…  

Voilà donc, non pas un médecin maoïste aux pieds nus, mais, un des rares philosophes au monde qui osait mettre ses mains dans le cambouis…  

Lénine ne se déplaçait qu’à bicyclette, parfois très loin dans l’Essonne où il a également vécu et travaillé (école des futurs cadres du Parti). Quand nous sommes allés faire un petit pèlerinage à Longjumeau, nous avons retrouvé sous son appartement un restaurant turc… aux employés duquel nous fîmes l’honneur de partager le pain quotidien. Très peu francophones, ils ne comprirent pas bien nos questions et remarques sur l’appartement :

-« Il y a un vieux monsieur là haut », nous dirent-ils…

-« Pouvons-nous monter le visiter ? »

-« Non, non, ce n’est pas possible… »

Alors un client bien francophone s’immisça dans notre discussion et nous demanda de la manière la plus stupide au monde:

-« Vous cherchez un hôtel ? »

Alors, ayant soudain la question kurde à l’esprit, sans savoir très bien pourquoi, nous répondîmes:

-« Non, Monsieur. Nous disions simplement que dans l’appartement du dessus, avait vécu un grand révolutionnaire »….

Et comment ne l’aurait-il pas été. Il y a quand même une plaque commémorative sur le mur extérieur qui dit: « Ici a vécu et travaillé en 1911 V. Lénine, théoricien et guide du mouvement communiste universel, fondateur de l’Union Soviétique » »

IMAGE (d’un film soviétique des années 80 sur son séjour à Paris): En revenant de Juvisy, et peut-être à Longjumeau (à vérifier), Lénine descendait à toute vitesse la rue de droite quand arriva une voiture en bas à gauche, au pied de l’établissement nommé « Le Singe Violet ». Elle le heurta et cassa sa bicyclette. On peut le voir tenant la roue arrière à la main et maudissant le propriétaire; en fait un vicomte: « Que le diable l’emporte », écrivit-il par la suie à sa sœur à qui il a raconta cet accident historique. Il aurait même porté plainte avec un avocat. Il serait intéressant, en cette veille ô c combien sacréed’anniversaire de la Grande Révolution d’Octobre, si Lénine obtint effectivement des réparations de la justice bourgeoise de l’époque ou ce que cette affaire est devenue…

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Droit au Travail, Droit à la Paresse: L’Amour est plus fort que la mort…: Etapes méconnues du Pèlerinage aux Lieux Saints

Les chroniques historiques révèlent aussi que LENINE et NADEZHDA se rendirent un jour à bicyclette de Paris (donc de leur appartement du 14ème arrondissement – un modeste « Deux pièces-cuisine », peut-être même avec des toilettes sur le palier mais sans télévision et sans fibre optique révolutionnaire de type Orange…) à Draveil, à une vingtaine de kilomètres au sud de Paris, et à bicyclette…

Le but du déplacement était de rencontrer PAUL LAFARGUE et sa femme LAURA (MARX) chez eux dans leur propre maison…. Mon Dieu, quelle rencontre au sommet ce fut….

Le révolutionnaire qui, pour la première fois dans l’Histoire de l’Humanité, fit porter au pouvoir la classe ouvrière afin d’imposer dictatorialement le « Droit au Travail », s’entretenait avec celui qui écrirait le « Droit à la Paresse »…

La maison de Draveil est toujours debout. Une inscription en lettres de feu rappelle qui furent les deux hôtes:

-Paul Lafargue, mort en 1911: « Cofondateur du Parti Ouvrier Français, Député »

-Laura Marx Lafargue, morte en 1911: « Militante su socialisme scientifique et pour la défense de la classe ouvrière »

La tragédie veut qu’en 1911, les deux amoureux se suicidèrent d’un commun accord: pour ne pas, selon les mots du premier, devoir supporter leurs corps affaiblis par une vie de combat pour l’humanité. En fait, et Nadezhda l’aurait remarqué par l’expression même du visage de Laura, cette dernière ne l’aurait pas fait vraiment de son plein gré…

Il reste que l’inscription en lettres dorées sur la façade de leur demeure dit, de la manière la plus aragonaise qui soit :

« L’Amour est plus fort que la mort »

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LENIN?

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STILL

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ALIVE!!

Droit au logement et Capitalisme: Incompatibilité de fait…!

  Lu sur

Solydairinfo:

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/11/02/droit-au-logement-et-capitalisme-incompatibilite-de-fait/

Droit au Logement

et Capitalisme:

Incompatibilité de fait…!

Ce 1er Novembre débute la « trêve » des expulsions… « Trêve » qui n’arrête pas, pour autant les procédures en cours, dont une grande partie deviendront exécutable après le 31 Mars.

En attendant ce sinistre poisson d’Avril que le système suspend dans le dos des pauvres, de plus en plus nombreux à être concernés par le mal-logement et, en l’occurrence, par le déni du droit au logement, c’est une occasion significative de tenter de faire le point sur cette question…

L’info, étrangement, ou bien plutôt de façon révélatrice, ne se trouve sur aucun média « de gauche »… Une « gauche » française bien au chaud dans les chaumières confortables de sa pseudo- « insoumission »… Ainsi recueillie sur divers sites tout ce qu’il y a de plus conformistes, l’info n’en est que plus révélatrice, donc, de l’incompatibilité du système capitaliste avec ses prétentions officielles aux véritables droits humains, dont le logement est l’un des plus évidents et des plus fondamentaux. Telle quelle, et en dépit ou même plutôt à cause de son origine, elle se passe donc d’autres commentaires… !

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« La trêve hivernale démarre mercredi. Pendant cinq mois, aucun locataire ne pourra être expulsé du logement qu’il occupe.

SUR EUROPE 1, INTERVIEW J-B EYRAUD, Président du DAL

C’est un répit de cinq mois que bon nombre de locataires attendaient. La trêve hivernale a démarré mercredi 1er novembre. Elle empêche l’expulsion d’un locataire de son logement. L’an dernier, 15.220 ménages ont été mis à la porte, un niveau jamais atteint en France.

« Un locataire sur dix concerné ». Pour Jean-Baptiste Eyraud, président de l’association Droit au Logement, invité de la matinale d’Europe 1 mercredi, cette hausse est particulièrement inquiétante, et elle concerne plus de ménages qu’on ne le croit. « Il y a eu 1,78 million de jugements d’expulsion (à distinguer de l’expulsion effective) en France rendus depuis dix ans. C’est un locataire sur dix », dénonce-t-il. Pour le militant, si rien n’a bougé en matière d’accès au logement depuis toutes ces années, c’est en grande partie la faute des politiques, « de droite et de gauche ». « C’est une véritable catastrophe sociale que les gouvernements n’ont pas voulu réellement prendre en compte », s’agace-t-il.

Pourquoi une telle hausse des expulsions ? Le président de l’association Droit au Logement liste quatre raisons qui expliquent la hausse des expulsions locatives en France. « Les loyers ont augmenté d’environ 50% depuis le début des années 2000, ce qui n’a pas été le cas des revenus des locataires. Il y a une paupérisation des locataires », souligne-t-il. Par ailleurs, « les APL ont été raboté d’année en année. Le dernier en date, de 5 euros, il fait mal, car c’est vraiment sur l’os », juge Jean-Baptiste Eyraud. La dernière raison est souvent moins mise en avant, mais elle n’en demeure pas moins prégnante : la rénovation urbaine. « On modernise la ville et cela encourage à augmenter les prix », indique le militant. La trêve hivernale doit s’achever, comme chaque année, le 31 mars.

http://www.europe1.fr/societe/expulsions-locatives-une-veritable-catastrophe-sociale-3480050

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« Logement : l’envolée des expulsions expliquée en six graphiques

Par Le Figaro Immobilier , Service Infographie Mis à jour le 01/11/17 à 07:00 Publié le 01/11/17 à 07:00

INFOGRAPHIE – La trêve hivernale, qui débute mercredi, suspend les expulsions jusqu’au 31 mars inclus. Ce répit est le bienvenu pour des milliers de ménages toujours plus nombreux à quitter leur logement avec l’intervention de la police. Explications en graphiques.

Chaque année, ils sont de plus en plus nombreux à attendre cette date du 1er novembre qui sonne la suspension des expulsions pour une durée de cinq mois. En 2016, plus de 15.000 ménages ont dû quitter leur logement avec l’intervention des forces de l’ordre, soit près de 34.500 personnes, selon une étude publiée récemment par la Fondation Abbé Pierre.

Un «très mauvais chiffre» en légère hausse (+0,47%) par rapport au «sombre record» de 2015 (15.151 expulsions), et qui représente une augmentation de 140% sur 15 ans, souligne le délégué général de la fondation, Christophe Robert. «La réalité des expulsions est de deux à trois fois supérieure puisqu’il y a des gens qui quittent leur logement sans intervention des forces de l’ordre», ajoute-t-il.

Jusqu’au 31 mars 2018, les personnes menacées d’expulsion bénéficient donc d’un sursis. Pour la première fois, les habitants des bidonvilles sont également concernés par cette trêve, qui leur a été étendue par la loi Égalité et Citoyenneté. «Deux exceptions sont prévues: s’il existe une solution de relogement adaptée ou si les locaux font l’objet d’un arrêté de péril», détaille Christine Vales, de la Chambre nationale des huissiers de justice. Un juge peut également autoriser une expulsion durant cette période, notamment si les occupants ont pénétré dans des locaux par voie de fait.

Si les expulsions sont gelées, les procédures, elles, se poursuivent. Mais une éventuelle décision d’expulsion ne sera effective qu’au 1er avril. Le nombre de décisions de justice prononçant une expulsion et de commandements de quitter les lieux a été en 2016 en légère baisse par rapport à 2015, respectivement à 128.146 (contre 132.196) et 63.081 (contre 67.905). Idem pour le nombre d’assignations au tribunal pour expulsion (164.378 en 2016 contre 168.775 en 2015, soit un recul de 2,6%). «Peut-être qu’il y a un sursaut dans la prévention, espère Christophe Robert. Mais le fort nombre d’expulsions avec le concours de la force publique révèle quand même l’échec des étapes qui précèdent pour éviter cette extrémité. C’est là qu’il faut agir».

NDLR>>> INTERACTIF>>>:

http://www.lefigaro.fr/assets/infographie/print/highcharts/graphiques/web_201743_3217_expulsion_logement_6/web_201743_3217_expulsion_logement_6.html

Face à cette «situation très préoccupante», «il faut une mobilisation générale», abonde Florent Gueguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité (ex-Fnars). «Il ne faut pas attendre le 31 mars pour découvrir qu’on va encore avoir une augmentation des expulsions. C’est maintenant que ça se joue. On voudrait que cette trêve soit mise à profit dans une logique de recherche de solutions alternatives», poursuit-il.

Les associations attendent «une impulsion» du gouvernement sur ces questions de logement, propre à les rassurer après l’«inquiétante attaque sur les APL», selon Christophe Robert. «Pour enrayer les expulsions locatives, il faut mobiliser avec des objectifs chiffrés les bailleurs sociaux, les bailleurs privés, les huissiers, les CAF (caisses d’allocations familiales), les associations et dire “Il y a tant de personnes menacées d’expulsions, allons au-devant de ces personnes pour trouver des solutions”. Cette mobilisation est très insuffisante», estime-t-il.

Créée en 2009, la plateforme «Allô Prévention Expulsion» permet aux ménages qui ne savent pas vers qui se tourner lorsqu’ils sont menacés d’expulsion, d’être conseillés sur leur situation. Depuis sa création, plus de 12.500 ménagés l’ont contactée. Voici, en graphiques, le profil (situation professionnelle, revenus…) des personnes concernées mais aussi les raisons de leur expulsion ou celle de leur impayé.

INTERACTIF>>>

http://www.lefigaro.fr/assets/infographie/print/highcharts/graphiques/web_201743_3206_expulsion_logement_2/web_201743_3206_expulsion_logement_2.html

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http://www.lefigaro.fr/assets/infographie/print/highcharts/graphiques/web_201743_3208_expulsion_logement_2/web_201743_3208_expulsion_logement_2.html

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http://www.lefigaro.fr/assets/infographie/print/highcharts/graphiques/web_201743_3207_expulsion_logement_3/web_201743_3207_expulsion_logement_3.html

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http://www.lefigaro.fr/assets/infographie/print/highcharts/graphiques/web_201743_3209_expulsion_logement_5/web_201743_3209_expulsion_logement_5.html

NDLR>>>EN DÉPIT DU TITRE, IL N’Y AVAIT DONC QUE 5 GRAPHIQUES…

D’AUTRES DONNÉES ET GRAPHIQUES PEUVENT ÊTRE TROUVÉS SUR LE SITE « ABBÉ PIERRE »:

http://www.fondation-abbe-pierre.fr/documents/pdf/bilan_2017_plateforme_allo_prevention_expulsion.pdf

http://immobilier.lefigaro.fr/article/logement-l-envolee-des-expulsions-expliquee-en-six-graphiques_4d0bc8cc-bb1d-11e7-84bd-9fcc34cb6a52/

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Jacques, 65 ans, expulsé trois semaines avant la trêve hivernale

Le 1er novembre commence la trêve hivernale : cinq mois de répit pour les locataires en situation d’expulsion. Mais tous n’ont pas obtenu ce délai. Jacques Gary, 65 ans, vit à l’hôtel depuis qu’il a été chassé de son logement début octobre. Malgré la loi DALO qui garantit un relogement avant expulsion.

Les locataires ne pourront être expulsés entre le 1er novembre et le 31 mars

Les locataires ne pourront être expulsés entre le 1er novembre et le 31 mars © Maxppp / Baziz Chibane

 

C’est une échéance particulièrement connue des propriétaires et locataires, redoutée par les uns ou les autres. Ce mercredi, commence la trève hivernale. A partir du 1er novembre et jusqu’au 31 mars 2018, la loi suspend toute expulsion de locataire. Deux exceptions toutefois : l’expulsion reste possible si un relogement adapté est prévu pour le locataire et sa famille, ou si les locaux font l’objet d’un arrêté de péril.

Pour éviter de se retrouver bloqués par cette contrainte légale, de nombreux propriétaires s’activent pour chasser leurs locataires expulsables. Conséquence : on compte de plus en plus d’expulsions selon le DAL, l’association Droit Au Logement. L’an dernier, on en dénombrait 15 000, soit 1 000 de plus que l’année précédente.  Celles-ci concernent surtout les classes moyennes et les retraités qui ne parviennent plus à joindre les deux bouts. 

Obligé de dormir à l’hôtel après son expulsion

C’est le cas de Jacques Gary, un scénariste de 65 ans. Il se raconte son expulsion, le cinq octobre dernier au matin. « Je me suis fait réveiller par un énorme vacarme, raconte-t-il, attablé à la terrasse d’un café. Je vais ouvrir la porte, j’ai une espèce de flamme qui m’agresse, c’était tout simplement le chalumeau du serrurier qui découpait la serrure ».

Il m’a dit : Monsieur, laissez la porte ouverte, habillez-vous et partez !

Depuis, Jacques dort à l’hôtel. Il ne peut y recevoir de visiteurs. Aujourd’hui au RSA, Jacques n’a pas toujours connu cette situation précaire. Autrefois il gagnait beaucoup d’argent, qu’il dépensait sans vraiment compter. Tout a basculé lorsqu’un projet de film qu’il devait réaliser a capoté, lâché par les producteurs qui se sont retirés un à un. 

Ensuite, la dégringolade : « Je me suis retrouvé dans une situation où je ne pouvais même pas payer un loyer, confie Jacques. Je ne pouvais même pas demander d’aide au logement puisque la propriétaire ne déclarait rien. Je lui ai donc suggéré de me menacer d’expulsion, j’espérais que ça allait faire bouger le logement social et que j’allais pouvoir trouver quelque chose ». 

Il devait être relogé avant d’être chassé  

Mais ce qui ressemblait à une porte de sortie pour Jacques s’est finalement transformé en impasse. Mauvais calcul : il est expulsé de son logement le cinq octobre. Il est pourtant prioriaire DALO, Droit au Logement Opposable, une loi censée lui garantir une solution de relogement avant expulsion. Entre deux cigarettes, Jacques s’interroge: « J’exagère mais je me demande s’il ne faut pas abroger la loi. Elle donne des illusions à ceux qui pensent que, ça y est, ils sont tranquilles, ils vont pouvoir être relogés. Ils sont quand même expulsés, et ça c’est terrible ».  

Jacques n’est pas le seul « naufragé du DALO ». 57 000 ménages attendent toujours, eux aussi, d’être relogés. 

https://www.franceinter.fr/societe/jacques-65-ans-expulse-trois-semaines-avant-la-treve-hivernale

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Répit pour des milliers de familles, mobilisation pour les associations : la trêve hivernale qui débute mercredi suspend les expulsions pour une durée de cinq mois, durant laquelle les associations entendent oeuvrer pour sensibiliser à la question du logement.

Ils sont de plus en plus nombreux chaque année à attendre cette date du 1er novembre.

En 2016, 15.222 ménages ont été expulsés avec le concours de la force publique, soit environ 34.400 personnes, selon la Fondation Abbé Pierre. Un « très mauvais chiffre » en légère hausse (+0,47%) par rapport au « sombre record » de 2015 (15.151 expulsions), et qui représente une augmentation de 140% sur 15 ans, souligne le délégué général de la fondation, Christophe Robert.

La réalité des expulsions est de deux à trois fois supérieure puisqu’il y a des gens qui quittent leur logement sans intervention des forces de l’ordre

Jusqu’au 31 mars, les personnes menacées d’expulsion bénéficient d’un sursis. Pour la première fois, les habitants des bidonvilles sont également concernés par cette trêve, qui leur a été étendue par la loi Egalité et Citoyenneté.

« Deux exceptions sont prévues: s’il existe une solution de relogement adaptée ou si les locaux font l’objet d’un arrêté de péril », détaille Christine Vales, de la Chambre nationale des huissiers de justice.

Un juge peut également autoriser une expulsion durant cette période, notamment si les occupants ont pénétré dans des locaux par voie de fait.

Si les expulsions sont gelées, les procédures, elles, se poursuivent. Mais une éventuelle décision d’expulsion ne sera effective qu’au 1er avril.

Le nombre de décisions de justice prononçant une expulsion et de commandements de quitter les lieux ont été en 2016 en légère baisse par rapport à 2015, respectivement à 128.146 (contre 132.196) et 63.081 (contre 67.905).

« Peut-être qu’il y a un sursaut dans la prévention », espère Christophe Robert : « Mais le fort nombre d’expulsions avec le concours de la force publique révèle quand même l’échec des étapes qui précèdent pour éviter cette extrémité. C’est là qu’il faut agir ».

« Impulsion » gouvernementale

Il ne faut pas attendre le 31 mars pour découvrir qu’on va encore avoir une augmentation des expulsions. C’est maintenant que ça se joue. On voudrait que cette trêve soit mise à profit dans une logique de recherche de solutions alternatives

Face à cette « situation très préoccupante », « il faut une mobilisation générale », abonde Florent Gueguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité (ex-Fnars).

Les associations attendent « une impulsion » du gouvernement sur ces questions de logement, propre à les rassurer après l’« inquiétante attaque sur les APL », selon Christophe Robert.

Pour enrayer les expulsions locatives, il faut mobiliser avec des objectifs chiffrés les bailleurs sociaux, les bailleurs privés, les huissiers, les CAF (caisses d’allocations familiales), les associations et dire Il y a tant de personnes menacées d’expulsions, allons au devant de ces personnes pour trouver des solutions. Cette mobilisation est très insuffisante

« Il faut une ambition, créer une dynamique au plus haut niveau de l’Etat qui descende jusque dans les territoires. On ne va pas relâcher la pression là-dessus », assure Christophe Robert.

« On a aussi un vrai problème avec l’Etat sur les expulsions de ménages reconnues prioritaires Dalo », bénéficiant du Droit au logement opposable et dont l’expulsion sans relogement est interdite par une circulaire de 2012, ajoute Florent Guegen.

Selon le Haut comité pour le logement des personnes défavorisées, 36 ménages dans cette situation ont été expulsés depuis le début de l’année (47 en 2016).

Autre sujet d’inquiétude: le nombre de familles vivant dans la rue, qui « atteint un pic jamais vu depuis une dizaine d’années sans que l’Etat ou les collectivités locales aient de réponse à donner », s’alarme Florent Gueguen.

Durant les prochains mois, elles pourront bénéficier des places supplémentaires, qui ouvriront progressivement à partir de mercredi dans le cadre du « plan hiver ».

Environ 10.000 places d’hébergement d’urgence seront mises à disposition, en plus des près de 120.000 déjà existantes. Mais au-delà, « il faut préparer la fin de l’hiver », exhorte Florent Gueguen.

Source : © 2017 AFP

https://actu.fr/societe/logement-treve-hivernale-debute-ce-1er-novembre_13203628.html

Syndicalisme et/ou politique : Une seconde critique du livre « L’Évangile de la philosophie et de la révolution »

Syndicalisme et/ou politique

Quelle arme

de lutte de classe ?

Une seconde critique du livre

« L’Évangile de la philosophie et de la révolution »

La première critique portait sur l’aspect philosophique

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/22/sur-la-nature-ontologique-ou-epistemologique-du-materialisme-dialectique/

 


Celle-ci porte sur le « Syndicalisme révolutionnaire »

L’intérêt de ces critiques est avant tout de remettre les pendules à l’heure sur ce qu’est réellement le Marxisme-Léninisme, tellement il a été galvaudé.

Par notre camarade WH :

« Concernant le syndicalisme révolutionnaire, ce n’est ni plus ni moins que du réformisme.

A l’époque de Karl Marx, les ouvriers se syndiquaient au début pour la lutte économique isolée, puis ils ont fini par lutter pour maintenir les organisations elles-mêmes, c’est à dire que le syndicat devenait un outil non plus d’ouvriers isolés contre des capitalistes, mais d’une classe toute entière.

C’est en ce sens que l’organisation pouvait atteindre des objectifs politiques, mais qui lui venaient nécessairement du dehors (les partis). Voir le dernier chapitre de Marx dans Misère de la philosophie. Lénine a plus tard insisté lourdement sur la distinction entre organisations des ouvriers (syndicats, lutte économique) et organisation des révolutionnaires (parti, lutte politique et théorique).

A l’époque de l’impérialisme, la corruption et l’embourgeoisent de catégories de travailleurs change complètement la donne. Lénine fustige la minorité de travailleurs privilégiés (qui sont les syndiqués en fait), il note déjà à cette époque que la grande masse n’est pas syndiquée et que c’est sur elle qu’il faut s’appuyer. Voir Lénine, L’impérialisme et la scission du socialisme.

Le syndicalisme révolutionnaire est donc en porte à faux avec Lénine, mais aussi avec Marx. Il ne tient compte ni de la nécessité d’une organisation politique qui ne soit pas une organisation de masse, ni du rôle et de la nature des syndicats à l’époque impérialiste, il ne saurait y avoir de syndicat propre et gentil dans l’impérialisme et la corruption généralisée de certaines couches de travailleurs.

La tactique du marxisme à l’époque de l’impérialisme exige précisément d’aller vers les travailleurs qui ne sont pas dans les syndicats, sur la couche la plus pauvre.

Il y a un autre problème, sur la confusion entre matérialisme et idéalisme qui apparaît dès le début du livre. La société serait basée sur des idées, c’est ce qui revient en permanence. Le fait est que le matérialisme historique affirme exactement l’inverse : les idées, idéologies, religions, etc. (superstructure) sont produites par la base économique (infrastructure). Si Jimmy Dalleedoo passe par là, je lui dirais de lire ou relire L’idéologie allemande de Marx. »

WH

http://reconstructioncommuniste.eklablog.fr/une-seconde-critique-du-livre-l-evangile-de-la-philosophie-et-de-la-re-a132428572

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Le point de vue de Tribune Marxiste-Léniniste:

Deux points importants dans cette approche critique:

__Avec le développement de l’impérialisme, les syndicats, dans leur très grande majorité, sont devenus des officines stipendiées de collaboration de classe. Même lorsqu’ils font mine de se tenir « fermement » du côté des revendications sociales urgentes et des luttes qu’elles suscitent, c’est généralement pour les conduire dans l’impasse, ce que l’on a vu avec la lutte contre la « réforme »-rabotage des retraites, puis avec la lutte contre la loi El Khomri.

__Le fait est que les syndicats ne représentent plus, pour l’essentiel, que l' »aristocratie ouvrière » et une frange minime de salariés plutôt proche des classes moyennes, même si en voie de paupérisation. La très grande majorité des prolétaires les plus pauvres ne sont pas syndiqués et ne se considèrent pas vraiment représentés par les syndicats actuels.

Et pourtant la lutte pour le droit syndical est une des plus anciennes formes de lutte de classe et a été déterminante pour l’apparition de la conscience de classe. Elle représente une base de survie économique de la classe ouvrière, et en tant que telle, elle ne peut pas être complètement abandonnée. Pour autant, peut-on parler de « syndicalisme révolutionnaire » à un moment ou à un autre de la lutte de classe? Cela suppose que le syndicalisme représente par lui-même une perspective politique révolutionnaire, or, dès l’origine, ce n’est pas sa fonction ni sa vocation, et encore moins, aujourd’hui!

Sa fonction essentielle reste d’unir les travailleurs autour de leurs revendications immédiates les plus urgentes, et c’est déjà une avancée considérable lorsqu’il y arrive.

Toutefois, l’action syndicale ne permet pas une intervention politique systématique sur tous les sujets, et encore moins, suffisamment radicale, quant au fond.

De plus, le souci d’unité, dans une organisation de masse, tend à tirer le niveau de conscience moyen précisément au niveau moyen, au mieux.

Le mouvement ouvrier révolutionnaire ne peut renaitre sans un noyau réellement ML autour duquel pourra se reformer une avant garde efficace.

C’est l’influence du noyau qui peut aider les éléments les plus avancés à se former en avant-garde. Ce noyau doit nettement apparaître comme cellule communiste ML. Son action est donc nécessairement différente de celle du syndicat, et dans un premier temps, elle s’exerce surtout de l’extérieur de l’entreprise, par exemple comme cellule locale ou de quartier, intervenant sur l’entreprise en aide et renfort des militants qui s’y trouveront nécessairement isolés, au début, y compris au sein des syndicats.

Le combat pour la reconquête des directions syndicales n’est donc pas vital, en réalité. Le syndicat est d’abord le cadre dans lequel exercer une action légaliste, même si « de lutte de classe » dans l’esprit.

N’importe laquelle des structures existantes peut faire, selon les circonstances, et sinon on peut en former encore d’autres. Dans les années 80, l’auteur de ces lignes a eu l’occasion de contribuer à l’organisation d’une « Association Ouvrière » qui s’était constituée en substitut d’un syndicat CGT local gravement atteint par la corruption, au point d’être devenu inopérant, de par le fait, pour sa fonction première. Les statuts, très courts, stipulaient que l’ensemble du personnel était membre de droit, sans avoir à payer de cotisation. En pratique cela fonctionnait sur la base des AG aux ateliers municipaux, effectivement ouvertes à tous. Une simple collecte de dons modestes à chaque fin d’AG suffisait à en couvrir les besoins matériels. Ses statuts, tels quels, étant régulièrement déposés, elle avait légalement les mêmes droits qu’une section syndicale autonome et pouvait se présenter aux élections de délégués au CTP, obtenant 12,5% des voix de l’ensemble du personnel communal, soit, en réalité, la quasi-totalité du personnel ouvrier, qui avait donc un titulaire élu pour défendre ses revendications.

Peut importe le cadre, donc, l’essentiel est d’utiliser au mieux les droits syndicaux existants, et pour ce qu’ils peuvent apporter d’utile à la lutte de classe, sans se substituer au rôle d’une organisation politique, qu’ils ne pourront jamais remplacer, en fin de compte, ni sans trahir leur fonction réelle, ni sans trahir la lutte politique elle-même, in fine!

Luniterre

Post-scriptum: l’observation faite par le camarade WH concernant la démarche idéaliste proposée par l’auteur, qui la revendique « à moitié », en quelque sorte, est évidemment caractéristique, même si flagrante, ici, de la démarche fondamentalement idéaliste de la « gauche » et même de l' »extrême-gauche » française, et cela depuis de trops longues décennies déjà… Cela fait partie des combats idéologique que nous avons entrepris de manière très clairement affirmée sur TML, ces derniers mois, en commençant par cette republication critique d’un article de LGS:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/21/1973-2017-leffondrement-ideologique-de-la-gauche-francaise/

Cette question revient, évidemment, à propos de l’état de division chronique de l' »extrême-gauche » française, y compris supposée « ML »…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/09/01/de-lunite-communiste-comme-processus-dialectique/

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/09/03/nous-ne-sommes-rien-soyons-tout-mais-dabord-soyons-unis/

Mais cette démarche a des racines anciennes, y compris au cœur du mouvement ML international:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/18/doctobre-a-la-chute-de-lurss-problematique-du-rapport-de-force-et-de-la-superstructure/

Mais surtout, à l’occasion du Centenaire d’Octobre, ce principe marxiste de base est également rappelé en préambule:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/01/1917-2017-octobre-est-la-et-si-le-bolchevisme-etait-encore-une-idee-neuve/

Et il est également résumé de manière schématique ici:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/09/24/definition-of-base-and-superstructure-core-concepts-of-marxist-theory/

 

 

 

« syndicalisme révolutionnaire »

ou politique prolétarienne ML ?

Le débat continue…

Avec ce post reçu (sur TML ) du camarade WH:

Concernant les syndicats, je faisais référence au texte de Lénine, L’impérialisme et la scission du socialisme, où il disait :

« L’un des sophismes kautskistes les plus répandus consiste à se référer aux « masses ». Nous ne voulons pas, prétendent-ils, nous détacher des masses et des organisations de masse ! Mais réfléchissez à la façon dont Engels pose la question. Les « organisations de masse » des trade-unions anglaises étaient au XIX° siècle du côté du parti ouvrier bourgeois. Marx et Engels ne recherchaient pas pour autant une conciliation avec ce dernier, mais le dénonçaient. Ils n’oubliaient pas, premièrement, que les organisations des trade-unions englobent directement une minorité du prolétariat. Dans l’Angleterre d’alors comme dans l’Allemagne d’aujourd’hui, les organisations ne rassemblent pas plus de 1/5 du prolétariat. On ne saurait penser sérieusement qu’il soit possible, en régime capitaliste, de faire entrer dans les organisations la majorité des prolétaires. Deuxièmement, et c’est là l’essentiel, il ne s’agit pas tellement du nombre des adhérents à l’organisation que de la signification réelle, objective, de sa politique : cette politique représente-t-elle les masses, sert-elle les masses, c’est-à-dire vise-t-elle à les affranchir du capitalisme, ou bien représente-t-elle les intérêts de la minorité, sa conciliation avec le capitalisme ? C’est précisément cette dernière conclusion qui était vraie pour l’Angleterre du XIX° siècle, et qui est vraie maintenant pour l’Allemagne, etc.

Engels distingue entre le « parti ouvrier bourgeois » des vieilles trade-unions, la minorité privilégiée, et la « masse inférieure », la majorité véritable ; il en appelle à cette majorité qui n’est pas contaminée par la « respectabilité bourgeoise ». Là est le fond de la tactique marxiste ! »

Voilà comment Lénine exposait la tactique juste sous l’impérialisme : aller vers les travailleurs non syndiqués et non la minorité privilégiée (ou qui s’accroche à ses privilèges en perdition).

Tu dis : « Sa fonction essentielle reste d’unir les travailleurs autour de leurs revendications immédiates les plus urgentes, et c’est déjà une avancée considérable lorsqu’il y arrive. »

A l’heure actuelle, aucune « revendication immédiate » ne peut aboutir, strictement aucune. Il n’y a rien de « tangible » à « gagner », la seule alternative est la révolution socialiste, il n’y en a aucune autre, et aucune revendication immédiate, « concrète » n’a un sens aujourd’hui.

A l’époque de Marx, la lutte économique préparait la lutte politique et la révolution. Elle était déjà assez corporatiste, mais était incontournable pour préparer la lutte de classe, c’est à dire la lutte politique.
– A l’époque de l’impérialisme, la « lutte » économique n’est plus qu’un système de distribution de la corruption, de l’embourgeoisement du prolétariat, elle empêche la lutte politique, elle détourne de la voie révolutionnaire et se rattache au contraire à la défense de l’impérialisme, au social-chauvinisme.
– A l’époque actuelle, où notre impérialisme se délite et où les « acquis sociaux » qui étaient attachés, sombrent avec, la lutte économique devient en plus inutile et totalement réactionnaire.

Par conséquent, les marxistes doivent à l’heure actuelle, non pas espérer quoi que ce soit des syndicats, mais au contraire :
– démystifier les « acquis sociaux »,
– s’adresser aux travailleurs qui ne sont pas syndiqués,
– sur le plan théorique, défendre les principes du marxisme,
– sur le plan politique, démystifier la « démocratie » bourgeoise.

Quant à savoir quelles formes prendront les organisations de prolétaires dans l’avenir, nous ne pouvons pas savoir pour l’instant. Ce qui est certain est que les syndicats actuels vont disparaître. Donc plutôt que de s’associer à leurs lamentations, nous devons les dénoncer et nous appuyer sur ce qui grandit et non sur ce qui meurt.

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Notre réponse :

Concernant l’approche fondamentale de la situation, ton analyse est juste, mais concrètement, tu en fais une application dogmatique, comme si tu n’avais pas d’expérience réelle de la vie en usine où même dans une entreprise de service ou de commerce où se trouve également le prolétariat aujourd’hui. En effet, à en juger par cette affirmation péremptoire :

A l’heure actuelle, aucune « revendication immédiate » ne peut aboutir, strictement aucune. Il n’y a rien de « tangible » à « gagner », la seule alternative est la révolution socialiste, il n’y en a aucune autre, et aucune revendication immédiate, « concrète » n’a un sens aujourd’hui.”

Dans la vie d’une entreprise, il y a quantité de sujets de revendications matérielles, sur les conditions de travail, les horaires, les cadences, l’hygiène, la sécurité, etc… qui font l’objet de conflits quasi permanents, même si pas toujours exprimés, et donc sont l’enjeu de rapports de force, sur le terrain, entre patrons et prolétaires.

Si les communistes ne sont pas capables d’intervenir sur ce terrain, il ne sont pas davantage crédibles sur le plan politique.

La lutte de classe au quotidien commence par ce type de résistance. Le cadre syndical, en tant que droit acquis par la résistance des luttes antérieures, permet de continuer ce combat, et en abordant les revendications plus générales, de montrer la nécessité de leur donner une dimension politique qui permette leur réalisation à terme, dans la construction démocratique d’une alternative prolétarienne anticapitaliste.

Il y a donc une synergie à construire entre la résistance au quotidien, qu’elle qu’en soit la forme, syndicale, associative ou autre, et l’organisation politique qui intervient précisément pour élever le niveau de conscience en éclairant par des explications plus analytiques la véritable orientation à donner à la lutte de classe, celle de la révolution socialiste prolétarienne.
Sinon, se contenter d’encourager la FI comme le propose le camarade Viriato, ou d’attendre une sorte de “passage obligé” par un gouvernement FN, comme tu le proposes également, de ta part, pour faire avancer les consciences par l’expérience de l’échec, cela équivaut à une nouvelle forme de spontanéisme, en pratique.

La conscience ne nait pas spontanément de l’expérience de l’échec, que ce soit celui du réformisme, de la social-démocratie “de gauche” ou social-chauvine, genre PRCF, ou même du social-fascisme, Lepéniste ou autre.
Au moins pire des cas, ces échecs ne prennent leur vrai sens que si les ML ont déjà commencé à construire le noyau de la résistance prolétarienne et sont capables d’amorcer une contre-offensive politique.

Et le spontanéisme, comme tu le sais, est aux antipodes du ML. Vérité que l’on ne peut passer à la trappe, même en isolant, ici ou là, telle citation coupée de son contexte et de la réalité de son époque.

Luniterre

 

(La suite du débat sur TML:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/31/syndicalisme-etou-politique-une-seconde-critique-du-livre-levangile-de-la-philosophie-et-de-la-revolution/#comments  )

 

 

La fin des illusions réformistes !

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La fin

des illusions

réformistes !

Avec la Loi El Khomri, la classe ouvrière et l’ensemble des couches populaires ont compris que la bourgeoisie française était décidée à faire face à la crise en faisant reculer le droit social sans fixer la moindre limite à ce recul.

C’est simplement ce que confirme le « nouveau » pouvoir de Macron, en allant encore beaucoup plus loin dans cette destruction systématique, avec ses « ordonnances » pour une potion socialement mortelle.

Après la première lutte perdue contre la Loi El Khomri, la résistance contre les « ordonnances » ne parvient pas à trouver un second souffle, et pour cause…

Les processions syndicales à répétition ne font plus recette et montrent la désillusion du prolétariat quant au « réalisme » des revendications réformistes.

Ne rien lâcher, réduire encore plus le « coût » du travail humain, c’est une nécessité absolue pour la survie du capital en crise, désormais.

Le discours des syndicats, même « radicalement » réformiste, genre « front social », n’est plus crédible.

Malgré l’échec de la lutte anti-El Khomri, l’abstention massive aux élections avait encore davantage marqué le « désenchantement » populaire vis à vis de la classe politique, y compris « de gauche »…

Répondre aux besoins sociaux populaires implique le développement d’ un appareil productif industriel approprié. Hors celui-ci a disparu déjà depuis longtemps, en France, démantelé et délocalisé au profit des capitaux financiers circulant dans les zones à moindre coût de main-d’œuvre, et notamment en Chine.

Les industries européennes survivantes, à forte valeur technologique ajoutée, ont été concentrées en Allemagne, pour plus de rentabilité et de docilité de la main-d’œuvre.

La bourgeoisie française se positionne dans la mondialisation comme plaque tournante de capitaux financiers, et non comme créatrice d’emploi productifs sur son propre sol, voué aux « petits boulots » de services, au tourisme, aux rares productions de luxe qui n’intéressent que sa propre classe et ses affidés.

La reconstruction d’un tissu économique et social digne de ce nom n’intéresse aucune de ses factions, et il n’y a que la petite-bourgeoisie en voie de paupérisation qui tente d’entretenir l’illusion de la reconstitution d’un capitalisme « national », « productif français », etc…

Reconstruire un tissu économique et social capable de répondre aux besoins sociaux réels du prolétariat et des couches populaires, cela ne peut être que l’œuvre du prolétariat lui-même, en alliance avec les couches populaires.

La petite-bourgeoisie idéaliste « sociale », « progressiste », « écologiste », etc… devra choisir entre ses vaines illusions, qui mènent à la capitulation, et le camp de l’unité prolétarienne.

A l’occasion du centenaire de la Révolution d’Octobre, ce que la petite-bourgeoisie, comme la grande, tente de dissimuler à tout prix, aussi bien derrière ses calomnies habituelles répétées à l’envie que par ses pseudo- »études universitaires », c’est la formidable productivité que le socialisme prolétarien à engendré en URSS, lui permettant, en moins de 20 ans, de se reconstruire entièrement et de se développer au point de résister à l’Allemagne nazie, alors au top de la puissance industrielle en Europe, et de la vaincre.

Et cela sans aucune des conditions actuelles permettant, avec les progrès technologiques, à la fois une gestion rationnelle, et une gestion démocratique, participative, interactive, et donc équilibrée entre les besoins sociaux réels, qu’il est désormais plus facile de cerner, et les forces productives nécessaires, qu’il est désormais également plus facile d’adapter.

Encore faut-il en avoir la volonté politique, et elle ne peut émaner que du prolétariat lui-même, ce qui implique une refondation totale de son organisation politique, qui reste à recréer, dans cette perspective sociale et politique prolétarienne, la seule viable, en réalité.

Lepotier

 

Le texte de l’article en version PDF/tract imprimable,

fin des illusions reformistes_PDF_

    + au verso: les 8 points du débat de fond pour

…La Révolution du Retour au Réel!

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POUR DÉBATTRE D’UNE ALTERNATIVE POLITIQUE

ET ÉCONOMIQUE A LA CRISE!

Avec la crise, Les besoins sociaux les plus élémentaires d’une part croissante de la population ne sont plus satisfaits, alors que prolifèrent les services et productions superfétatoires et de luxe, gaspillant les ressources de la planète. Rendre aux forces productives vives leur fonction sociale première, c’est l’exigence de l’heure! Dans ce but, il est nécessaire de rendre à chacun le pouvoir de s’y impliquer, en y participant par son travail, afin de recevoir en échange la juste part qui lui en revient, pour soi-même et sa famille.

8 points du débat de fond :

___1_Refonte complète des institutions politiques et de l’état, en donnant tout le pouvoir aux travailleurs, qui doivent être représentés par eux-mêmes et avoir le droit de révoquer leurs élus. Donner à la démocratie prolétarienne la direction de l’économie.

Électivité et révocabilité du personnel de l’appareil d’état (police, armée, justice, responsables administratifs).

Élus politiques, cadres et officiers, dont le salaire est ramené au salaire des ouvriers et ouvriers qualifiés, selon grade et responsabilités. (Fourchette de 1 à 3)

__2_Créer un nouvel équilibre économique où les forces productives sont employées pour répondre aux besoins sociaux réels, et non à l’accumulation du capital. Cela seulement rendra possible le partage du travail entre tous, éliminant ainsi le chômage et la précarité.

L’avenir du mouvement social n’existe donc concrètement qu’autour des revendications pour un tel partage véritablement socialiste prolétarien du travail, impliquant la socialisation des moyens de production et des services essentiels.

__3_Recensement des besoins sociaux urgents actuellement non satisfaits, notamment en matière de logement et de santé.

__4_Recensement des forces productives disponibles et nécessaires à développer pour satisfaire ces besoins réels.

__5_Redéfinition d’un budget en équilibre, en base valeur-travail, entre ces forces productives et ces besoins.

__6_Redéfinition, dans cet équilibre, de la durée moyenne hebdomadaire de travail, nécessaire pour atteindre cet objectif.

__7_Réajustement, dans le cadre de cet équilibre, du SMIC à un niveau permettant d’accéder au moins à la satisfaction pour tous des besoins sociaux essentiels, notamment en matière de logement, éducation, culture, sport, etc…

__8_Prise en compte, dans cet équilibre, de l’effort collectif nécessaire aux objectifs de sécurité, de développement social et de solidarité.

TRIBUNE MARXISTE-LÉNINISTE

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Entre la poire et l’œuf

Entre

la poire

et l’œuf

 

 

 

 

 

Sur la nature « ontologique »

ou épistémologique

du matérialisme dialectique

 

Un ouvrage récent, assez pompeusement titré « L’Évangile de la philosophie et de la Révolution », n’avait guère attiré notre attention, jusqu’à ce qu’un camarade nous en demande une lecture critique… Beaucoup plus de maladresse et de confusion que de réelle « hérésie », dans ce nouvel « évangile », mais ce fut néanmoins l’occasion d’une réflexion sur la problématique généralement liée à ce genre d’ouvrage à prétention didactique : quelle nouvelle vision de la réalité veut-on apporter au lecteur ? Veut-on réellement l’aider à décrypter le réel voilé par les médias du système, ou bien veut-on lui suggérer une réalité « alternative » qui n’existe que dans la tête de l’auteur ?

Autrement dit, et pour aller au fond du problème, le matérialisme dialectique est-il une approche épistémologique pour comprendre la réalité du monde et la transformer, ou bien prétend-t-il nous révéler une science « alternative » décrivant une réalité « ontologique » totalement ignorée par la culture bourgeoise ?

Mao Zedong, qui voulait voir une telle « essence » des phénomènes dans leur « contradiction interne », nous parlait d’un œuf pour illustrer son propos… L’auteur du nouvel « Évangile révolutionnaire » nous parle d’une poire…

 

 

En réponse à un camarade nous proposant

la lecture de l’ouvrage récent

du camarade Jimmy Dalleedoo

 

 

 

 

 

 

Bonjour, camarade

Ce livre se présente directement comme un nouvel enseignement de la philosophie révolutionnaire, du matérialisme dialectique et historique, et il tente donc de les redéfinir.

Je l’ai donc abordé sous cet angle, et à partir de ses premiers propos sur le sujet, j’ai cherché comprendre de quelle façon il considère la méthode dialectique.

Malheureusement, et même si l’on fait la part d’une confusion extrême, la dominante qui en ressort est celle d’un idéalisme métaphysique tout à fait comparable à celui de Mao Zedong, même si formulé de manière encore largement plus maladroite.

Cette maladresse, à la rigueur, plaide pour la bonne foi, assez évidente, de l’auteur, mais n’excuse pas pour autant les approximations très grossières auxquelles il se livre, et qui auraient du être évitées, avec une étude plus sérieuse, à la base.

Ces approximations faussent, de toute manière, et de façon rédhibitoire, la réalité de son propos.

Pour te l’expliquer, je reprends, dans un premier temps, l’explication plus ancienne qui vaut pour la pseudo-»dialectique » de Mao Zedong, telle qu’exposée dans son « De la contradiction » et notamment à propos de son célèbre et pathétique « exemple de l’œuf »…

La « contradiction interne » de l’œuf n’est, à l’évidence et contrairement aux affirmations de Mao, qu’un moment possible de la suite de ses états possibles et des contradictions entre eux.

(>>>Contradictions de formes et d’états entre l’œuf et le poussin, entre l’œuf et la poule, entre le poussin et la poule.)

(A ce sujet,voir l’excellent exposé de Georges Politzer>>> Principes élémentaires de philosophie >>> Négation de la négation

https://www.marxists.org/francais/politzer/works/principes/principes_15.htm )

Cette contradiction est en partie, mais en partie seulement, déterminée par les caractéristiques intrinsèques de l’œuf, mais elle ne se développe que sous l’action des facteurs extérieurs, qui sont les conditions de la couvée.

Hors de ces conditions, l’œuf cesse, sous le rapport de la « contradiction interne » d’être un objet dialectique à proprement parler, et soit il se conserve tel quel, au froid, soit il pourrit et se dessèche, au chaud, mais dans les deux cas, encore en fonction des conditions extérieures.

Quant à ses caractéristiques internes, qu’elles soient conservées ou non, elles sont d’abord déterminées par l’histoire de l’évolution génétique de la race des poules, préalable extérieur indispensable à l’existence de tel ou tel œuf en particulier.

Et dans chaque cas, par les conditions matérielles de l’élevage des poules, environnement, nourriture, climat, etc…

La « contradiction interne » de l’œuf, qu’elle se développe ou qu’elle reste à l’état d’évènement potentiel, n’a d’existence ni de sens que par des facteurs en réalité entièrement extérieurs à l’œuf lui-même.

Elle n’est donc en rien une définition ontologique de l’œuf, qui nous parlerait de son « être », en quelque sorte.(…de son « essence », selon Mao Zedong)

L’existence de l’œuf tient au domaine spécifique des lois de la biologie, et la connaissance que nous en avons dérive de la science biologique.

La biologie de l’œuf est une réalité objective, indépendante du fait que nous la considérions d’un point de vue dialectique ou non.

Le fait d’utiliser la méthode dialectique dans l’approche scientifique du phénomène « œuf » peut être un plus appréciable mais n’en change pas pour autant la nature intrinsèque.

Voici ce qu’en pensent deux grands scientifiques modernes, adeptes du matérialisme dialectique :

« Le matérialisme dialectique n’est pas, et n’a jamais été, une méthode systématique pour la solution de problèmes physiques particuliers. L’analyse dialectique nous donne plutôt une vue d’ensemble et une série de signaux qui nous avertissent contre des formes particulières de dogmatisme et d’étroitesse de la pensée. Il nous dit :

(1) « rappelez-vous que l’histoire peut laisser une marque importante » ;

(2) « rappelez-vous que l’être et le devenir sont des aspects duaux de la nature » ;

(3) « rappelez-vous que les conditions changent et que les conditions nécessaires à l’enclenchement de certains processus peuvent être détruites par le processus lui-même » ;

(4) « rappelez-vous de prêter attention aux objets réels dans l’espace et le temps et de ne pas les perdre complètement dans des abstractions idéalisées » ;

(5) « rappelez-vous que des effets de contexte qualitatifs et l’interaction peuvent être perdus quand on isole les phénomènes » ;

et par-dessus tout,

(6)« rappelez-vous que toutes les autres mises en garde ne sont que des rappels et des signaux d’avertissement dont l’application aux différentes situations du monde réel est contingente ». (Richard Levins & Richard C. Lewontin, 1985, The Dialectical Biologist, Harvard University Press, Harvard)

Une approche dialectique de l’évolutionnisme amène, par exemple, à considérer que si la pression sélective exercée par l’environnement est le facteur principal, l’évolution des espèces modifie également cet environnement, et influe donc, en retour, sur les conditions de la pression sélective.

Le matérialisme dialectique ne se substitue en rien aux lois scientifiques spécifiques qui régissent les différents domaines d’investigations scientifiques, lois qui découlent de l’étude et de la recherche spécifique à chacun de ces domaines.

Le matérialisme dialectique est d’abord une méthodologie dans l’étude des sciences, une approche épistémologique, et en fin de compte, à la fois une philosophie des sciences et une philosophie dérivée de l’étude des sciences.

Il s’oppose donc tout à fait à la méthode dogmatique qui réduit la dialectique à la contradiction interne (Mao Zedong), et prétend y voir l’essence de tout phénomène, son « être » propre, en fin de compte, ce qui nous ramènerait à une conception ontologique et en fait, entièrement idéaliste et métaphysique de la dialectique.

Les lois de la dialectique sont celles que nous établissons pour notre méthodologie dans l’étude des sciences, mais elle ne se substituent en rien aux lois scientifiques spécifiques à chaque domaine.

En tant qu’élément de la philosophie matérialiste dialectique elles ressortent donc des sciences humaines, comme l’économie et la sociologie, et aucunement des sciences exactes, comme la physique et la chimie.

Elles n’en reposent pas moins sur les données scientifiques qu’elles intègrent, tout comme l’économie et la sociologie.

Pour en revenir aux confusions qui sont entretenues, même si involontairement, dans l’ouvrage de Jimmy Dalleedoo, elles se trouvent donc au départ du livre dans son ambition à exposer la doctrine philosophique du matérialisme. Elles résident principalement dans la façon dont il tente de distinguer matérialisme dialectique et matérialisme historique, et même, sans qu’il ne tente de l’expliquer, dialectique et matérialisme dialectique. L’auteur reconnaît pratiquement n’avoir pas été suffisamment clair sur ces questions, mais n’en poursuit pas moins son propos sur ces bases confuses. Sa conception idéaliste des lois de la dialectique, pratiquement similaire à celle de Mao Zedong, ressort néanmoins très nettement dans son passage sur ce qu’il nous présente comme « la 3ème loi : L’auto dynamisme »

A l’œuf de Mao il substitue une poire et tente d’en définir le cycle dialectique, mais de manière encore plus pathétique, si possible, ce qui est une gageure, et assez réussie, malheureusement !

«  Une poire tombe du poirier et finit à terre. Au bout d’un certain temps, cette poire subira des changements, car elle pourrira et des insectes apparaîtront du fait qu’elle pourrisse. A l’intérieur de cette poire, il existe des forces en opposition qui, se rencontrant dans une contradiction naturelle, feront subir à cette poire différents changements. C’est cette contradiction qui va créer une évolution, un changement à l’intérieur de la poire et engendrera son pourrissement. L’auto dynamisme est donc un phénomène naturel qui régit le mouvement. »

L’auteur observe le pourrissement de la poire comme un phénomène « interne », alors qu’à l’évidence il n’est du qu’à des facteurs externes, cryptogamiques ( moisissures, champignons), bactériens, etc…

« …des insectes apparaîtront », précise-t-il même, comme s’il s’agissait d’une sorte de « génération spontanée », issue de la poire elle-même !

Alors que si le cycle dialectique de la poire est comparable à celui de l’œuf, c’est précisément dans le cycle de la reproduction, via le pépin et l’arbre, et qu’il tient pareillement en priorité aux facteurs externes, à savoir l’évolution génétique de la race des poiriers, et aux conditions particulières de la plantation du sujet considéré, c’est à dire le terroir, incluant nature du sol, climat, méthode de culture, etc…

Le fait que le matérialisme dialectique soit d’abord et avant tout une méthodologie d’approche épistémologique et non un substitut des sciences est attesté par les classiques du ML, en outre, et il n’appartient qu’à nous, ML du XXIème siècle, de lui redonner son sens réel, débarrassé du formalisme dogmatique et révisionniste qui a contribué à son effacement de la culture populaire depuis plusieurs décennies déjà.

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Lénine

Sur la question de la dialectique

« Ainsi, dans toute proposition on peut (et on doit), comme dans une « maille », une « cellule », mettre en évidence les embryons de tous les éléments de la dialectique, montrant ainsi que la dialectique est inhérente à toute la connaissance humaine en général. Quant aux sciences de la nature, elles nous montrent (et, encore une fois c’est ce qu’il faut montrer sur tout exemple le plus simple) la nature objective avec ses mêmes qualités, le changement du particulier en général, du contingent en nécessaire, les passages, les modulations, la liaison mutuelle des contraires. C’est la dialectique qui est la théorie de la connaissance (de Hegel et) du marxisme : voilà à quel « aspect » de l’affaire (ce n’est pas un « aspect », mais le fond de l’affaire) Plékhanov, pour ne rien dire d’autres marxistes, n’a pas prêté attention.  »

https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1915/00/surlaquestion.htm

Staline

Le matérialisme dialectique et le matérialisme historique

« Le matérialisme dialectique est la théorie générale du Parti marxiste-léniniste. Le matérialisme dialectique est ainsi nommé parce que sa façon de considérer les phénomènes de la nature, sa méthode d’investigation et de connaissance est dialectique, et son interprétation, sa conception des phénomènes de la nature, sa théorie est matérialiste.

(…)

Contrairement à la métaphysique, la dialectique regarde la nature, non comme une accumulation accidentelle d’objets, de phénomènes détachés les uns des autres, isolés et indépendants les uns des autres, mais comme un tout uni, cohérent, où les objets les phénomènes sont liés organiquement entre eux, dépendent les uns des autres et se conditionnent réciproquement. C’est pourquoi la méthode dialectique considère qu’aucun phénomène de la nature ne peut être compris si on l’envisage isolément, en dehors des phénomènes environnants ; car n’importe quel phénomène dans n’importe quel domaine de la nature peut être converti en un  non-sens si on le considère en dehors des conditions environnantes, si on le détache des ces conditions ; au contraire, n’importe quel phénomène peut être compris et justifié, si on le considère sous l’angle de sa liaison indissoluble avec les phénomènes environnants, si on le considère tel qu’il est conditionné par les phénomènes qui l’environnent. »

http://www.communisme-bolchevisme.net/materialisme_philosophique.htm

Le reste de l’ouvrage de Jimmy Dalleedoo peut contenir quelques points intéressants, naturellement, mais sur cette base plus que confuse, il faut donc absolument éviter d’en faire un ouvrage de référence.

De plus, ses conceptions idéalistes le poussent nettement à reconsidérer l’action militante ouvrière sous une nouvelle forme de « syndicalisme révolutionnaire », certes pleine de bonnes intentions, mais qui ne sont guère différentes, en fin de compte, de celles de l’anarcho-syndicalisme traditionnel qui handicape déjà fortement ce qui reste du mouvement ouvrier en France.

En espérant que ce camarade évolue encore, dans le sens réel du matérialisme dialectique ! 

Amicalement,

Luniterre